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dimanche 16 septembre 2007

Maroc - Casablanca (Anfa) - USFP

L’USFP, autrefois socialiste et autrefois dominante à Casablanca, a connu une dégringolade électorale sans précédent à Casablanca, aves seulement deux députés sur les 31 que compte le Grand Casablanca. La liste de l’USFP pour la circonscription de Casablanca-Anfa a remporté l’un de ces deux sièges, pour le compte du tête de liste Mohamed Mostafa Al Ibrahimi, avocat. Ses colistiers étaient Madani Alaoui, Abderrahim Khiati et Touria Mabrouk. Cette liste a remporté le dernier des quatre sièges en jeu dans cette circonscription en recueillant 5822 voix soit 11,9% des suffrages exprimés.

Notons l’excellente qualité de ce tract, tout en couleurs, aéré, sur papier glacé, même si les photos des candidats semblent tirés d’un photomaton. Le tract ne contient que des infos personnelles sur les candidats, mais l’USFP diffuse généralement des tracts personnels et des tracts programmatiques.

Comme toujours pour l’USFP, le nom du parti figure à la fois en arabe et en tamazight.

Ibn Kafka

vendredi 14 septembre 2007

Maroc - Kénitra - USFP

L’USFP n’aura pas, malgré les importants moyens mis en œuvre, connu de succès aux législatives du 7 septembre, marquées par une abstention massive de 63% - précisons que seuls 79% de ceux en âge de voter étaient inscrits, et qu’environ 20% de bulletins blancs ou nuls ont été relevés. Pour plus de détails sur ces élections, je renvoie à Obiter dicta (en français) et ‘Aqoul (en anglais).

La circonscription de Kénitra (4 sièges) n’a pas failli à la règle, avec aucun élu de l’USFP. Notons cependant qu’ils n’avaient pas lésiné sur les moyens : un tract sur papier glacé, dont le recto est personnalisé avec les nom, profession, âge et photos couleurs des quatre candidats USFP de cette circonscription – de haut en bas, Toufiq Lahlou, Aïcha Zekri, Moulay Larbi El Hachmi et Mohamed Aoujana.

Notons l’usage du tamazight (berbère), de manière modeste (le nom du parti au recto du premier tract, le slogan « améliorons le Maroc » au verso du même tract, le nom du parti sur le petit tract). Kénitra est pourtant une région quasi-exclusivement arabophone. Cela semble être une pratique généralisée de l’USFP.

mardi 4 septembre 2007

Maroc - Listes nationales - PML et USFP


Le scrutin législatif pour l’élection des 325 membres de la Chambre des représentants marocaine est en fait décomposé en deux parties : 295 sièges sont pourvus dans les 95 circonscriptions du pays, soit en moyenne un peu plus de trois sièges par circonscription. Le reste, soit trente sièges, est pourvu par le biais d’une liste nationale, où tout le territoire marocain constitue une circonscription unique. Bien que le Code électoral ne précise aucunement que cette liste nationale doit être pourvue uniquement par des candidates, et non des candidats, le consensus entre partis s’est fait sur ce point. Les précédentes élections de 2002, les premières à être menées au scrutin proportionnel, avaient déjà connu ces listes, ce qui a permis l’élection de 32 femmes à la Chambre des représentants, si ma mémoire ne fait pas défaut (2 candidates avaient en plus été élues dans les circonscriptions locales).
Chaque parti – 32 sont inscrits cette année – présentent donc 30 candidates. Si peu de partis présentaient des candidates en dehors de la liste nationale (féminine) en 2002, plusieurs listes « locales » à Rabat présentent des candidates, mais jamais en position éligible – sachant que les places seront chères. Par exemple, à Rabat-Hassan-Chellah (3 sièges) ou à Rabat-Océan (4 sièges), seuls les trois ou quatre plus grands partis pourront espérer obtenir un siège, et pour obtenir deux sièges, il faudrait un score approchant les 50% pour le gagnant, très difficile à obtenir dans le contexte éclaté de la scène politique marocaine.

Revenons-en à nos tracts. Vous verrez ici les tracts en faveur de la liste nationale de deux partis, le Parti marocain libéral (PML - Hizb al maghribi al-liberali) et l’Union socialiste des forces populaires (USFP – Ittihad al-ichtiraki lil qouat ach-chaabia). Le PML a été créé par l'ancien ministre des droits de l'homme sous Hassan II, le sulfureux avocat Me Mohamed Ziane, qui eût maille à partir avec le défunt ministre de l'intérieur Driss Basri mais n'a jamais cependant été bien en cour auprès des associations marocaines de défense des droits de l'homme. Ce parti, dont le leader-fondateur est nationaliste - il revendique avec force le retour de Sebta (Ceuta) et Melilla au Maroc - et surtout opportuniste, n’a obtenu qu'un seul siège sur 325 en 2002.

L’USFP, anciennement socialiste et d’opposition, est au gouvernement depuis 1998 et est devenu un parti de notable – il a obtenu 50 sièges en 2002, soit la première place du podium parlementaire. Il détient le ministère des finances, entre autres (il faudrait y rajouter les portefeuilles de la justice et de l’enseignement) et mène une politique économique libérale.
C’est peu de dire qu’il s’agit désormais d’un parti établi – et cela se voit notamment à la qualité de ses tracts, systématiquement imprimés, ici à Rabat, sur papier glacé, et avec une pagination importante (des brochures sous forme de triptyques, avec six pages de photos et de texte, comme c’est le cas pour le tract reproduit ici). Car la qualité des tracts dénote bien évidemment l’existence de moyens financiers importants, ce qui est le cas pour ce parti qui détient ministères, conseils régionaux, conseils municipaux, quotidiens, maison d’édition et syndicat.

Le tract du PML est lui dans du papier ordinaire, même s’il est en couleurs. Les photos des candidates sont plus petites et le texte est moins aéré que sur le tract correspondant de l’USFP. Le contenu textuel est cependant beaucoup plus fourni chez le PML.
Les photos des candidates sur le tract de l’USFP indiquent l’année de naissance – la plus jeune a 25 ans et la plus âgée a 64 ans. Celui du PML ne donne aucune indication à cet égard.
Pour la petite histoire, et au risque de surprendre les lecteurs français, presque tous les partis présentent des candidates voilées – ne pas avoir de candidate voilée parmi les trente de la liste nationale trancherait sans doute trop avec la composition sociologique du corps électoral marocain. Le tout est dans le dosage – seules deux des 30 candidates USFP portent le foulard, tandis que 10 le portent sur les 30 de la liste PML. Encore faut-il remarquer qu’une des deux candidates USFP porte la tenue traditionnelle sahraouie, dans laquelle le voile est moins un signe identitaire religieux qu’un signe identitaire régional. En 2002, la liste nationale du PJD (islamiste) présentait deux candidates non-voilées sur 30…

lundi 3 septembre 2007

Maroc - Casablanca - USFP

"Vive l'USFP !
Vive le socialisme !"
tract reçu hier soir au Maârif à Casablanca


Encore un tract de l'USFP, circonscription de Casablanca-Anfa. Les quatre candidats de la liste sont présentés avec leur nom et leurs fonctions - de haut en bas Dr. Mohamed Mostafa Ibrahimi, Madani Alaoui, Abderrahim Khiati et Touria Mabrouk. On notera la présence d'une candidate sur la liste locale, ce qui représente un progrès sur les élections de 2002 où peu de partis présentèrent de candidates en dehors de la liste nationale qui leur est réservée. Cette candidate est cependant en position inéligible.

Ibn Kafka